Jonathan Roy commence son premier match dans le circuit Courteau ce soir contre les Olympiques.
Le Soleil
Kevin Johnston
Gatineau
À première vue, le défi est incroyable. Jonathan Roy doit non seulement prouver à son entraîneur-chef qu'il mérite le poste de gardien auxiliaire chez les Remparts, mais il doit aussi le prouver à son père et également le prouver au meilleur gardien de l'histoire de la Ligue nationale. Sauf que ni lui ni papa Patrick voient les choses de cette façon.
« Le père et le meilleur gardien n'ont pas d'affaire là-dedans », a lâché d'un trait le patron de la formation québécoise. « C'est le coach qui est important. Et Jonathan ne joue pas son année au cours de ses prochaines sorties. Il nous a montré lors du camp d'entraînement qu'il méritait de commencer la saison avec nous. Et comme nos autres jeunes joueurs inexpérimentés, on va le regarder aller et lui donner le temps de s'acclimater au hockey junior majeur. »
Quant au principal intéressé, qui commence son premier match en carrière dans le circuit Courteau face aux Olympiques à l'aréna Robert-Guertin ce soir, il s'est montré pas mal plus cinglant que le 33. « Il faut arrêter d'associer mon nom à celui de mon père, a-t-il déclaré sur un ton sec. Moi, je suis Jonathan. Je ne suis pas mon père et je sais que je ne serai jamais aussi bon que lui. Je n'arriverai même pas proche. Mais ça ne me dérange pas. Tout ce que j'ai à faire, c'est répondre aux attentes de mes patrons des Remparts. De leur montrer que je peux être un bon back-up à Kevin Desfossés et de lui pousser dans le derrière. Ce n'est pas plus compliqué que ça. »
À l'origine, Desfossés devait jouer les deux premiers matchs du calendrier régulier en Abitibi, mais les circonstances ont fait que Jonathan Roy a connu son baptême de feu en troisième période du match à Rouyn-Noranda. Et ce fut tout un baptême. Patrick Roy a même parlé de débandade en faisant allusion au rendement de son club. Mais en fin de compte, même s'il a accordé trois buts, dont deux plutôt ordinaires, il a également effectué de beaux arrêts.
« Je suis content que ce soit derrière moi, a déclaré Jonathan. J'ai donné trois buts sur 15 lancers contre la meilleure équipe de la Ligue. Oui, j'en ai donné deux mauvais. Mais il y a également eu de bons moments. Il y a des affaires à travailler, mais après ces 20 minutes-là, je suis encore plus confiant, car je sais à quoi m'attendre. »
Ce qui l'a le plus frappé dimanche, c'est la vitesse d'exécution. « En matchs présaison, ce n'était pas du tout comme ça, a-t-il dit. Ça allait vite, ça bougeait tout le temps. C'est pourquoi je suis content d'avoir vécu ça contre les Huskies. Ça m'a préparé pour le match contre les Olympiques. »
Un gars de la gang
Bifurquant de nouveau sur le sujet père-fils, Jonathan a haussé le ton lorsqu'on lui a demandé s'il ressentait une pression supplémentaire en raison de la présence du paternel dans l'état-major du club. « C'est ce qui me bogue le plus, a-t-il tempêté. C'est toujours comme ça. On le disait dans le midget AAA, que j'étais là à cause de mon nom, et on semble continuer de le dire chez les Remparts. Je peux vous dire que je sens le soutien de mes coéquipiers. Ils sont tous derrière moi. Je suis un gars de la gang. Ils ne me tiennent pas à l'écart. »
Des propos qui ont fait sourire le capitaine Pierre Bergeron, qui assistait à l'entrevue. « On connaît Jonathan depuis longtemps, a-t-il déclaré. Il n'est pas différent des autres joueurs. Notre objectif à tous est de faire le mieux possible pour notre organisation. Il n'est pas question d'être prudent dans nos commentaires quand Jonathan est dans les parages parce que son père est le boss. Ce n'est pas comme ça chez nous. L'esprit d'équipe est le meilleur que j'ai vu chez les Remparts, et Jonathan en est responsable comme nous tous. Nous sommes tous sur la même longueur d'onde. »
Nerveux, le jeune, à quelques heures de commencer son premier match ? « Pas nerveux, mais plutôt excité, a-t-il conclu. Ça va brasser en dedans pendant les 5 ou 10 premières minutes mais après, ça va aller. J'ai hâte. »
(euh Marie, jte laisse Jo, mais moi jprend Fredd!)
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